Greffe

Comment et quand greffer un cerisier pour assurer une bonne soudure et une fructification rapide

Comment et quand greffer un cerisier pour assurer une bonne soudure et une fructification rapide

Comment et quand greffer un cerisier pour assurer une bonne soudure et une fructification rapide

Il y a, dans le bois du cerisier, une impatience discrète. Arbre de printemps, il ne supporte guère qu’on bouscule son réveil. Mal greffé, il se ferme, sèche, se tait. Bien greffé, il offre, en quelques années à peine, ces grappes rouges qui tachent les doigts et l’enfance. Greffer un cerisier, c’est donc moins une opération technique qu’un art de choisir le bon instant, le bon geste, la bonne alliance entre deux vies ligneuses.

Quand greffer un cerisier pour qu’il accepte la greffe ?

Le cerisier est un arbre un peu susceptible : il n’aime ni le froid mordant ni les chaleurs trop appuyées au moment de la greffe. Sa sève doit se mettre en mouvement, mais pas encore s’élancer à toute vitesse.

De manière générale, on retiendra :

Posez-vous une seule question avant de prendre votre couteau : la sève commence-t-elle à chanter dans les vaisseaux ? Si la réponse est oui — bourgeons perlés de vert, écorce qui se soulève facilement, bois ni gelé ni brûlant — vous êtes proche du bon moment.

Évitez absolument :

Pour une bonne soudure, le cerisier préfère les journées calmes, un peu douces, où l’air semble hésiter entre la fraîcheur et le tiède. Ni ardeur, ni morsure : seulement la promesse.

Choisir le bon porte-greffe pour une fructification rapide

Derrière chaque cerise hâtive se cache un porte-greffe bien choisi. C’est lui qui dicte la vigueur de l’arbre, sa taille adulte, la rapidité d’entrée en production et même la saveur parfois subtilement différente des fruits.

Pour les cerisiers, on utilise généralement :

Si votre objectif est une fructification rapide, privilégiez :

La greffe n’est pas une baguette magique posée sur un sol ingrat. Elle amplifie un potentiel : celui des racines, de l’humus, de l’eau et de la lumière.

Préparer des greffons qui « veulent vivre »

Un bon greffon de cerisier, c’est un petit morceau de branche qui a encore en mémoire le printemps à venir. Pour cela, il faut le prélever au moment opportun et le conserver sans l’épuiser.

Prélevement des greffons :

Conservation des greffons jusqu’à la greffe :

Un bon greffon est ferme, souple, non flétri. Quand on en entaille l’écorce, le vert du cambium doit apparaître net, sans brunissure.

Choisir la bonne technique de greffe pour le cerisier

Le cerisier n’est pas le plus complaisant des fruitiers. Certaines greffes qui réussissent aisément sur le pommier deviennent plus capricieuses sur lui. Voici les plus utilisées pour obtenir une bonne soudure.

La greffe en fente sur cerisier (fin d’hiver)

Adaptée aux jeunes porte-greffes de 1 à 4 cm de diamètre, la greffe en fente est l’une des plus sûres pour le cerisier, à condition d’être nette et rapide.

Étapes principales :

Pour le cerisier, la rapidité est cruciale : plus le bois reste à nu, plus il s’oxyde et perd en capacité de soudure. Préparez votre matériel avant même de donner le premier coup de scie.

La greffe anglaise compliquée (sur jeunes sujets)

Sur de jeunes porte-greffes et greffons de même diamètre (comme deux crayons jumeaux), la greffe anglaise compliquée assure une grande surface de contact cambial et donc une belle soudure.

Principe :

Cette greffe est délicate mais sur le cerisier elle paie bien : solidité mécanique et cicatrisation rapide, deux atouts pour résister au vent et aux caprices de la météo printanière.

La greffe à l’écusson (en été, pour œil dormant)

Quand la chaleur assouplit l’écorce et que le cerisier chante à plein flux de sève, la greffe à l’écusson (ou en T) permet d’insérer un unique bourgeon dans le porte-greffe. Il ne poussera que l’année suivante : c’est une greffe dite « à œil dormant ».

Étapes essentielles :

Cette greffe est discrète, presque secrète : rien ne semble changé, sauf ce petit œil qui hivernera avant de s’élancer au printemps suivant en un nouveau cerisier fidèle à sa variété.

Les clés d’une bonne soudure sur cerisier

La réussite d’une greffe n’est pas un miracle : c’est la somme de quelques exigences auxquelles on consent sans paresse.

Un outil irréprochable :

Alignement du cambium :

Protection contre le dessèchement :

Gestion de la vigueur après la greffe :

Pour le cerisier, espèce sujette aux gommoses (écoulements de résine), la propreté des coupes et leur protection sont essentielles. Une plaie mal protégée devient vite une porte pour les champignons qui saboteront la soudure.

Accélérer la mise à fruit : ce qui compte vraiment

Greffer pour récolter plus vite : c’est la promesse, mais encore faut-il la tenir. La rapidité de fructification d’un cerisier greffé dépend de plusieurs leviers que vous pouvez actionner.

Choisir des greffons « adultes » :

Adapter le porte-greffe :

Taille de formation maîtrisée :

Gestion de la fertilisation :

Lumière et espace :

En jouant avec ces paramètres, on peut souvent raccourcir de 1 à 2 ans l’attente avant la première vraie récolte. Et chaque printemps gagné est une victoire silencieuse dans le calendrier du jardinier.

Questions fréquentes des jardiniers patients (et parfois impatients)

Combien de temps faut-il pour qu’un cerisier greffé donne ses premières cerises ?

Sur un bon porte-greffe de vigueur modérée et avec un greffon issu d’un arbre productif, vous pouvez espérer des fleurs dès la 3ᵉ ou 4ᵉ année après la greffe. Sur merisier franc très vigoureux, 5 à 7 ans ne sont pas rares.

Pourquoi mes greffes de cerisier sèchent-elles souvent ?

Les causes habituelles :

Un cerisier pardonne peu les approximations, mais récompense les gestes précis.

Peut-on greffer plusieurs variétés de cerises sur le même arbre ?

Oui, et c’est même une manière élégante d’avoir sur un seul tronc des variétés à floraison et maturité étalées. Veillez à :

Faut-il arroser après la greffe ?

Si le sol est sec, un arrosage copieux autour du pied aide le porte-greffe à bien alimenter la zone de soudure. Un sol frais, mais non gorgé d’eau, est favorable. En revanche, n’arrosez pas directement sur la zone de greffe.

Greffer un cerisier, c’est composer avec son caractère : vif et tendre, prudent et généreux. En choisissant le bon moment, la bonne technique, et en accompagnant les premières années avec attention, vous verrez un jour, au bout d’une branche soudée par vos mains, le rouge profond d’une cerise mûre. C’est alors tout le temps passé à observer les bourgeons, à affûter le couteau, à ligaturer dans le vent frais de mars, qui remonte silencieusement de la racine au fruit, comme un remerciement de sève.

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